Ségolène souriante

PLTE: au delà de la transition énergétique

 

Les politiques l’ont bien compris. Si l’on veut qu’une réforme puisse voir le jour, soit acceptée et enfin adoptée, il vaut mieux qu’elle n’ait pas été portée par une loi.

De nos jours, une loi, pour qu’elle soit suivie d’effets, ne peut plus édicter de règles, ou alors à très longue échéance. Une loi utile est celle qui ouvre des perspectives, qui montre un autre chemin et qui bouscule les habitudes.

En cela, la loi relative à la Transition Energétique pour la Croissance Verte est exemplaire.

Voyez plutôt.

Pour la première fois, les objectifs nationaux de réduction de consommation énergétique sont calculés non seulement en énergie primaire, celle que l’on doit économiser, mais aussi en énergie finale, celle qui se mesure et qui se paye. L’écologie passe enfin du principe à la réalité. Le grand marché de la performance énergétique dont on nous avait tant parlé mais qui était bloqué de ce fait, peut enfin prendre son essor.

Cinq petites lignes, celles de l’article L.122-8-1, font franchir un pas non moins grand à notre manière de consommer. Il dit enfin ce que doit être la garantie d’un service rendu. Appliquée au bâtiment, cela signifie que le prestataire devra indiquer le niveau de performance énergétique auquel il s’engage.

Comme le législateur a également prévu de doter l’utilisateur d’outils de contrôle et de mesure de ses consommations et donc de l’atteinte des engagements pris par le prestataire, c’est toute la manière de vendre et de faire qui s’en trouve désormais chamboulée: il ne sera plus possible de vendre du vent. Et au-delà des services d’efficacité énergétique, on imagine facilement que, poussés par les consommateurs, ce sont tous les autres secteurs marchands qui devront changer d’approche commerciale.

S’agissant de transport, de nouvelles pistes offrent une véritable alternative au solisme automobile: covoiturage, voies réservées, zones à circulation réglementée ou participation des employeurs aux trajets domicile-travail effectués en vélo. Appliquant le principe décrit plus haut, rien n’est imposé dans la loi mais dépendra du résultats d’expérimentations ou de la publication de décrets.

Et bien d’autres voies sont explorées, la plus innovante étant sans conteste la notion d’économie circulaire et son corollaire sur l’affichage obligatoire de la durée de vie des produits.

Nous assistons bien à une tentative audacieuse et subtile de remise à plat de nos modes de consommation et par voie de conséquence, de notre mode de vie, dans le seul but d’en améliorer le cadre.

Aux sénateurs maintenant de dépasser les querelles de partis, qui ne devraient pas exister sur ce type de sujets, pour permettre à cette loi, résolument utile, de dessiner les grandes lignes d’une économie véritablement durable.

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