18 janvier 2011 - Abdullah Al-Attiyah quitte ses fonctions de premier ministre et de ministre de l'énergie du QATAR

Trois bonnes nouvelles ou la fin du pétrole roi

Il s’agit de trois nouvelles qui, prises isolément, sont déjà de bonnes nouvelles mais qui, mises en perspectives, deviennent de très bonnes nouvelles, car porteuses de grands espoirs.

Il s’agit tout d’abord de l’annonce faite, lundi dernier, par Abdallah ben Hamad al-Attiyah, ministre de l’énergie puis premier ministre du QATAR de 1993 à 2011, à ses collègues de l’OPEP. D’après lui, plus aucun état, aucune organisation, ni même l’OPEP, ne peut aujourd’hui augmenter ou baisser le cours du pétrole à sa guise, tant les productions se réduisent et la concurrence entre producteurs s’intensifie. Cet aveu de faiblesse est une première, qui plus, est venant de celui qui a régi les cours du pétrole pendant 20 ans. C’est une bonne nouvelle car aucune organisation ne sera désormais suffisamment puissante pour manipuler l’économie mondiale en jouant sur le cours du brut.

Ensuite, il y a la Banque Mondiale qui réalise que les états subventionnant les hydrocarbures feraient mieux de dédier cet argent à l’éducation ou à la protection sociale de leurs citoyens. Les patrons de l’économie mondiale nous disent tout simplement que la croissance mérite tout autant d’être sociale qu’économique.

Enfin, il y a cette start-up française, Global Bioénergy, qui a produit de l’isobutène, une molécule d’hydrocarbure jusqu’alors issue du raffinage du pétrole, à partir de bactéries se nourrissant du glucose des déchets végétaux. L’isobutène étant, entre autre, à la base de la synthèse des carburants automobiles et aériens, cette nouvelle énergie verte, fabriquée sans altérer les capacités de production agricole, propose enfin une alternative crédible au pétrole.

Au travers de ces trois nouvelles, le message est clair et concordant : l’ère du pétrole tout puissant, celui qui gouvernait les économies, guidait les politiques, générait les conflits et engendrait les extrémismes(*) arriverait à son terme. Nous entrons dans une nouvelle période, où le pétrole, sûrement moins abondant, continuera d’être ce produit miraculeux aux propriétés énergétiques incroyables mais perdra son caractère unique qui lui donnait autant de valeur et pour la possession duquel tout était permis. Bienvenue dans une ère plus apaisée, plus équilibrée, moins carbonée, en un mot plus humaine : c’est une vraie bonne nouvelle.

 

(*) Lire à cet occasion l’excellent ouvrage de Matthieu AUZANNEAU intitulé « OR NOIR, La Grande Histoire du Pétrole » aux éditions La découverte.

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